Suite aux premières prospections menées bénévolement l'année dernière par le groupe Bourdon Grand Est, le Conservatoire lance cette année un suivi pour étudier le groupe des abeilles sauvages présents sur les secteurs de réserve de Châlons sur Vesle et Merfy. Cette étude poursuit plusieurs objectifs. Elle permettra tout d'abord de savoir quelles espèces sont présentes sur le site et de comparer ces résultats aux résultats futurs afin d'évaluer l'impact sur les abeilles de la végétalisation progressive des secteurs sableux (plus de fleurs = plus de pollinisateurs !).
Dans le cadre du suivi des abeilles sauvages (apoïdes) mené sur la réserve, une découverte remarquable a été réalisée : l'abeille Tetralonia malvae y a été observée pour la première fois en région.
Cette abeille solitaire est étroitement liée aux mauves, dont elle récolte le pollen pour nourrir sa descendance. Comme de nombreuses abeilles sauvages, elle creuse son nid directement dans le sol. Chaque femelle aménage seule une galerie composée de plusieurs loges dans lesquelles elle dépose une provision de pollen et un œuf avant de refermer soigneusement chaque cellule.
Sur la réserve, de très nombreux nids ont été repérés sur une surface d'environ 30 m², témoignant d'un site de nidification particulièrement favorable. Cette concentration exceptionnelle souligne l'intérêt patrimonial du secteur et l'importance de préserver les conditions qui ont permis son installation.
Les nids étant creusés à quelques centimètres sous la surface, ils sont particulièrement vulnérables au piétinement. Le passage répété des visiteurs peut provoquer l'effondrement des galeries, détruire les loges contenant les larves et compromettre le succès de reproduction de cette population.
Afin de protéger ce site de nidification, la zone a été mise en défens et délimitée par de la rubalise. Cette mesure temporaire permet d'éviter le piétinement tout en laissant les abeilles accomplir leur cycle de vie en toute tranquillité.
Cette découverte illustre une nouvelle fois l'importance des suivis naturalistes menés sur la Réserve : ils permettent non seulement d'améliorer les connaissances sur la biodiversité locale, mais aussi de mettre en place rapidement des mesures de gestion adaptées pour préserver des espèces parfois discrètes, mais essentielles au fonctionnement des écosystèmes.







